Léon Yves est né le 24 avril 1921 à Loguivy-Plougras (22) Il est ouvrier sabotier à Plouaret et domicilié au Roz an Clan Vieux-Marché.

Dès 1940, Yves LÉON et son frère Joseph commencent à participer à la résistance.

Ils sabotent les panneaux d'indication allemands, volent des vélos et des vêtements accrochés aux portemanteaux aux entrées des cafés pour les jeter dans un étang. À la barbe des sentinelles, ils sabotent des camions allemands du terrain d'aviation de Servel garés à Plouaret. Ils volent ensuite quelques armes cachées dans vieux grenier à foin désaffecté. Ils distribuent des tracts.

Désigné par le maire du Vieux-Marché pour partir travailler en Allemagne en juillet 1942, il est prévenu et part pour travailler dans des fermes en Beauce puis vit de petits boulots.

Il revient au Vieux-Marché en décembre 1942 et renoue avec ses amis Résistants notamment Yves AMOURET (mort en déportation) et Paul MENU, membres du Réseau gaulliste Johnny, et Jean Baptiste LE CORRE (mort en déportation) et F. MARZIN, Résistants communistes.

Les jeunes des classes 1940, 1941 et 1942 (300 personnes) du canton de Plouaret sont convoqués le 9 mars 1943 à l'école publique des filles de Plouaret pour passer la visite de recensement du Service du Travail Obligatoire (S.T.O.). Avec ses camarades Louis PASTOL et Arsène LE BOZEC (tous deux morts en déportation), Yves LÉON encourage les jeunes à ne pas s'y rendre.


Le jour du recensement, ils se rendent à Plouaret pour tenter d'empêcher les opérations. Certains jeunes sont venus avec des bâtons. L'accès à la salle est rapidement bloqué. Les gendarmes interviennent pour libérer le passage rejoints par certains maires.

Yves LÉON parvient cependant à organiser une manifestation. On chante La Marseillaise et L'Internationale. L'hôtelière Julie CHAUVEL épouse PIRIOU offre un bouquet de fleurs. Aidé par Yves LÉON, Arsène LE BOZEC grimpe sur le Monument Aux Morts et y dépose le bouquet sous les applaudissements.

Arsène LE BOZEC crie : « Vive DE GAULLE! Vive Staline! À bas les Boches!». Un soldat allemand passe alors à vélo. Un bâton est jeté dans la roue. Le soldat chute, est pris à partie mais parvient à fuir. 

Le lendemain, des jeunes sont recherchés suite à des délations.

Yves LÉON décide de quitter le secteur. Il se rend chez Louis PASTOL qui est arrêté devant lui par les Allemands. Yves LÉON prévoit de prendre le train de 15h15. Il retourne chez lui à 14h30 en compagnie d'Arsène LE BOZEC. Un gendarme français de Plouaret est dans la cour et leur fait signe de venir. Confiants, les jeunes s'avancent et sont arrêtés par la Feldgendarmerie de Lannion. Ils sont menottés et conduits à la «Kommandantur» où ils retrouvent Louis PASTOL. Ils sont ensuite emmenés à Lannion et enfermés pour la nuit.


Ils sont incarcérés le 11 mars 1943 à la maison d'arrêt de Saint-Brieuc. Ils sont interrogés et frappés à plusieurs reprises à l'hôtel du Perroquet Vert, siège de la Feldgendarmerie.

Une tentative d'évasion est prévue pour le 22 avril. Mais ils sont transférés le 21 avril au Frontstalag 122 de Royallieu-Compiègne (60) où ils arrivent le lendemain. Lors d'une corvée de bois à l'extérieur du camp, Yves LÉON a failli réussir à s'échapper.


Il est déporté avec ses camarades par le convoi du 8 mai 1943 (960 hommes) à destination du camp de concentration de Sachsenhausen (Allemagne). Certains arrivent à forcer la porte et prévoient de s'évader de nuit mais les Allemands s'en rendent compte et la porte est à nouveau bloquée. Ils arrivent à la gare d'Oranienbourg (Allemagne) le 10 mai puis se rendent à pied au camp.

Yves LÉON se voit attribuer le matricule 66.192.

Il est affecté au Kommando d'Heinkel. Il participe au comité clandestin qui organise des sabotages sur la chaîne de fabrication des avions Heinkel (111 et 117). Un jour, il est accusé de sabotage et violemment battu par un kapo. Il tombe malade et effectue plusieurs séjours à l'infirmerie (dysenterie puis tuberculose) avant d'être renvoyé au camp central en décembre 1944. Très affaibli, il est affecté à divers commandos.

Le 6 février 1945, il est transféré dans un train de marchandises vers le terrible camp mouroir de Bergen-Belsen (Allemagne).

Yves LÉON se voit attribuer le matricule 15.438 . Atteint de dysenterie puis du typhus, épuisé, il survit jusqu'à la Libération par les Britanniques le 15 avril 1945. Il pèse 35 kgs.

L'intendance et le service sanitaire médical arrivent le 18 avril.

Le 5 ou le 6 mai, il est enfin évacué du camp par camionnette, pris en charge par le service sanitaire installé dans l'ancienne caserne des S.S. à Bergen (Allemagne) et logé dans une écurie. Le 4 juin, il parvient à se faire inscrire pour un départ en avion de Celle (Allemagne).

Il arrive au Bourget (93) et passe par l'hôtel Lutétia. Il passe la nuit à l'hôtel Montaigne.

Il refuse d'être hospitalisé au Val-de-Grâce car il veut rentrer en Bretagne. Il prend le train de nuit au départ de Montparnasse et arrive à Plouaret le 6 juin.

Au début, personne ne le reconnaît. Son père arrive et lui apprend la mort de son frère Joseph. Pour la première fois depuis son arrestation, Yves LÉON éclate en sanglots.

Yves LÉON ne peut recommencer à s'alimenter normalement avant août 1945. Il doit se faire soigner jusqu'en octobre par les sœurs à Quintin qui parviennent à faire disparaître le typhus. Il Il est ensuite accueilli dans une maison de convalescence à Dinan jusqu'en décembre puis part au centre de repos du Mourillon à Toulon (83).

Il se marie en 1949 et reprend goût à la vie. Il s'engage à la F.N.D.R.I.P. et assure différentes responsabilités pour œuvrer à la défense des droits de ses camarades.

Il est à l'origine de la création de l'A.F.M.D. 22.

Il habite Saint-Brieuc puis Plérin.

Une place Yves LÉON est inaugurée le 27 avril 2013 à Plouaret.

Il a publié le livre "Bergen-Belsen Survivre aux camps nazis", Skol Vreizh, Morlaix, 2005, 2ème édition (1ère édition en 1999 à compte d'auteur).

 

Fiche réalisée pour l'A.F.M.D. 22 par Jimmy TUAL.

 

 

Sources :

http://www.bddm.org

http://www.deportes-flossenburg.com 

http://cerp22.free.fr/Lieuxdememoire22

http://www.monument-mauthausen.org -

Marie-Pierre et Pierre KLEIN, Les déportés des Côtes-du-Nord, 2007, pages 323-324 (fiche 737 avec photographie) (page 350 dans l'édition de 2013) pour Yves LÉON, pages 240-241 (fiche 543 avec photographie) (pages 261-262 dans l'édition de 2013) pour Arsène LE BOZEC et pages 376-377 (fiche 883 avec photographie) (page 410 dans l'édition de 2013) pour Louis PASTOL -

ADCA 1643W7 contrôle nominatif de la maison d'arrêt de Saint-Brieuc (1939-1944) - Ministère de la Défense (dossier D.A.V.C.C. D'Yves LÉON) - 

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