Allemagne

Bergen-Belsen

Bergen-Belsen

Le KL Bergen-Belsen Bergen est une petite ville située dans la Lüneburger Heide, à 100 km au sud-ouest de Hambourg et à 65 km au nord-est de Hanovre.

La route qui conduit a Hanovre passe par Belsen, ville ou a été édifié un camp de prisonniers de guerre lors de la Première Guerre mondiale. En 1941, ce camp reconstruit par des prisonniers de guerre français est d’abord reserve aux prisonniers russes. C’est en avril 1943 que le camp de Bergen-Belsen est mis a la disposition de la SS et devient un KL.

On y construit alors un crématoire et les prisonniers de guerre sont évacués vers d’autres camps. Le KL Bergen-Belsen est d’abord un camp d’hébergement dans lequel sont internes des Juifs « protégés » que les nazis envisagent d’échanger contre des Allemands prisonniers des Allies. Puis, en mars 1944, il devient un « camp de repos » charges d’accueillir les détenus des autres KL malades, épuisés ou trop ages, et qui ne sont plus capables de travailler.

 

 

Si aucun transport de déportés arrêtes par mesures de répression ne part de France a destination de ce KL, beaucoup de Français déportés dans les principaux camps de concentration y sont envoyés mourir. Ce sont en particulier les Français transférés de Buchenwald vers Dora a partir de septembre 1943, dont le premier transport de malades arrive le 27 mars 1944 a Bergen-Belsen, comprenant 200 Français.

De nouveaux convois suivent régulièrement tous les quinze jours : a nouveau de Dora en mai, de Sachsenhausen en juillet, de Neuengamme en août et de Buchenwald en decembre 1944. Le 1er août 1944 arrive le premier transport de femmes dont la majorité est ensuite transférée dans des Kommandos du KL Buchenwald.

Le KL Bergen-Belsen est en réalité un camp de concentration dans lequel les SS n’ont aucune intention de remettre sur pied ces malades, car aucun équipement médical particulier n’existe.

En decembre 1944, l’effectif du camp est de 15 227 détenus, dont 8 000 femmes. Il atteint 50 000 en mars 1945, dont 26 300 femmes.

La surpopulation du camp généré l’apparition d’epidemies : en mai 1944 une première épidémie de typhus éclate, puis une seconde en janvier 1945 alors que les déportés affluent de plus en plus nombreux.

Par ailleurs, face a l’avance des troupes soviétiques, les Allemands évacuent de nombreux KL vers Bergen-Belsen, dont des déportes de Dora installes dans une caserne séparée au nord du camp.

En avril 1945, alors que le crématoire ne suffit plus a faire disparaître les victimes, des fosses sont creusées pour enterrer les centaines de décès quotidiens. Le 5, les SS brûlent les registres du camp et le quittent le 12, laissant la garde a 1 500 Hongrois. Le 15 avril 1945, les Britanniques entrent sans combat dans le camp et y découvrent environ 60 000 hommes et femmes. En tout, sur les quelques 125 000 déportés, environ, passes par Bergen- Belsen, Eberhard Kolb estime que 37 000 sont morts avant la liberation du camp, et 13 000 après et jusqu’a la fin du mois de juin.

Équipe du Livre-Memorial

Buchenwald

Buchenwald

Le camp de Buchenwald, situé à une dizaine de kilomètres de la ville de Weimar, est créé en 1937. Un premier transport de détenus arrive du camp d’Oranienburg-Sachsenhausen le 16 juillet, pour lancer la construction et déboiser le secteur.

En fin d’année l’effectif est de 2 912 détenus, mais passe à 20 112 à la fin de l’année 1938, dont plus de 10 000 sont des Juifs allemands internés à la suite du pogrom de la « nuit de cristal ». (La plupart furent libérés, après que des pressions aient été exercées pour les inciter à « acheter » leur remise en liberté, à « revendre » leurs biens à des non- juifs, tout en prenant l’engagement de quitter l’Allemagne).

Les premiers antifascistes et Juifs autrichiens arrivent également en fin d’année 1938.Au cours de cette phase de construction et d’aménagement du camp, la domination des « droit commun » dans la hiérarchie interne des détenus, rend particulièrement difficile la condition des autres détenus, politiques, antifascistes communistes et sociaux démocrates allemands, les plus maltraités restant les Juifs et les Tsiganes.Avec le déclenchement de la guerre, en septembre 1939 et à mesure des avancées de la Wehrmacht, la population concentrationnaire s’internationalise. Après les otages tchèques et slovaques déportés lors de l’annexion des Sudètes, affluent, dès octobre 1939, des milliers de Polonais. Puis, en 1940, arrivent des déportés d’Europe de l’Ouest, Hollandais, Belges, Luxembourgeois et, à partir de juin, quelques Français du Nord et des départements d’Alsace et de Moselle.

La rupture du traité germano-soviétique et l’entrée en guerre contre l’URSS, le 22 juin 1941, entraînent la déportation de milliers de prisonniers de guerre soviétiques. Le traitement particulièrement odieux qui leur est réservé par les SS suscite, le 18 octobre 1941, une réaction spontanée de solidarité de la part des autres détenus, allemands, autrichiens, espagnols et autres nations présentes. Les SS, qui tiennent à empêcher toute forme ou manifestation de solidarité, exercent des représailles immédiates d’une grande brutalité. L’événement n’en constitue pas moins une étape significative dans l’histoire politique du camp.
A Buchenwald, YAktionkugel, consistant à abattre un prisonnier d’une balle dans la nuque, fera 8 000 victimes parmi les prisonniers de guerre soviétiques.

En février 1943, le désastre allemand de Stalingrad et les pertes qu’y subit la Wehrmacht, suivi en mai 1943 de la capitulation des forces de l’Axe en Afrique du Nord, consacrent la fin des grandes offensives de la Wehrmacht, le début des combats de défense et la mise au service de toute l’économie allemande au profit de l’effort de guerre. Cette évolution n’est pas sans répercussion dans l’histoire concentrationnaire, tant l’Allemagne, par besoin croissant de main- d’œuvre, va intensifier les déportations.

Des prisonniers arrêtés dans toute l’Europe sont envoyés à Buchenwald où bientôt 35 nations différentes se côtoient. C’est aussi la période où « Rouges » et « Verts » se livrent un combat sans merci pour le contrôle de la hiérarchie interne, qui voit en 1943 les postes-clé de l’administration basculer des mains des « droit commun » entre celles des « politiques », pour l’essentiel communistes allemands. A mesure de l’arrivée au camp des résistants et des communistes étrangers, une organisation clandestine internationale se met en place. Au cours de l’été 1943, un Comité international clandestin de résistance est créé, avec pour objectif de conserver le contrôle de l’administration parallèle, d’être informé des projets secrets de la SS, d’encourager le sabotage et, dans la mesure du possible, d’organiser la solidarité.

De 1943 à la fin 1944, voire au tout début de 1945, le camp devient un vivier de main-d’œuvre corvéable à merci et renouvelable à volonté, pour la production de guerre. Le développement des Kommandos s’amplifie. Des usines sont installées dans l’enceinte du camp : la DAW (ateliers allemands d’armement), la Gustloff qui fabrique des armes légères et la Mibau-Siemens qui fabrique des pièces de précision pour les V2. L’exploitation des déportés tourne à l’extermination par le travail.

En tout, Buchenwald comptera 136 Kommandos, dont certains sont plus exposés et meurtriers que d’autres. Les Kommandos extérieurs les plus connus sont ceux d’Ohrdruf, Schlieben, Berga Elster, Neu-Stassfurt, Laura, Gandersheim, Plomitz-Leau, Trôglitz, Langenstein et bien sûr Dora qui deviendra, le 29 octobre 1944, un camp de concentration autonome, centre de production et d’assemblage des fusées V1 et V2. Le travail d’enfouissement du projet « Mittelbau » de production des armes de représailles, mené à un rythme infernal, où la vie d’un détenu compte très peu, fait de Dora le « cimetière des Français » qui y sont envoyés en grand nombre.

Par ailleurs, à partir de juin 1944, près de 30 000 femmes, de quinze à trente ans, sont envoyées dans vingt-sept Kommandos rattachés administrativement au camp de Buchenwald. Elles viennent d’Auschwitz, Maidanek, Ravensbrück, Bergen-Belsen, et sont envoyées sur les lieux mêmes de production. Elles sont aussi durement exploitées que les hommes et prennent une part non négligeable dans les actions visant à freiner ou saboter la production.

 

Un nouveau camp, appelé camp II par l’administration SS ou petit camp par les détenus est improvisé à partir de 1942 pour servir de quarantaine. Isolé du grand camp, il dispose de baraquements rudimentaires dépourvus d’équipement, où s’entassent jusqu’à 1 000 voire 1 500 détenus par baraque, notamment au moment des grandes évacuations. Les détenus reconnus aptes au travail sont transférés au grand camp, tandis que ceux qui sont jugés inaptes et les malades restent au petit camp, transformé de fait en centre d’estropiés, d’infirmes ou de malades. En 1944, la capacité du petit camp étant insuffisante, deux grandes tentes sont dressées. Elles abriteront jusqu’à 6 000 détenus.

C’est en effet l’époque des grands transports d’évacuation, venus des camps de l’Est, au fur et à mesure de l’avance des troupes soviétiques. L’effectif du camp passe de 55 473 détenus en octobre 1944 à 63 048 fin décembre. Avec l’évacuation d’Auschwitz et de Gross Rosen en janvier et février 1945, le camp compte 86 232 détenus. Les nouveaux arrivés sont entassés au petit camp ou envoyés au percement de nouveaux tunnels dans les Kommandos, comme à Ohrdruf (13 726 prisonniers au 1er mars 1945), Langenstein (plus de 7 000), Ellrich (8 000). La mortalité dans ces Kommandos est énorme.

La Résistance joue un rôle important à Buchenwald dès lors que les « politiques » réussissent à se faire attribuer les postes-clés de l’administration interne. Ils parviennent à faire mettre sur pied par la SS une « police intérieure du camp » (Lagerschutz) dont les responsables appartiennent à la résistance clandestine. Leur pouvoir reste cependant aléatoire et il leur faut parfois faire des concessions pour donner le change.

Un Comité des intérêts français (CIF) se fait reconnaître par le Comité international clandestin du camp en juin 1944, grâce à l’action combinée de deux hommes, Marcel Paul, communiste, militant syndical, connu sur le plan international, et le Colonel Frédéric-Henri Manhès, compagnon et adjoint de Jean Moulin dans la Résistance. Ils s’efforcent avec détermination de défendre et de faire prendre en considération le sort des Français par le Comité international où des rivalités nationales se manifestent naturellement. Leur action se traduit par une amélioration du moral des Français et la sauvegarde de nombreux parmi eux.

Le sabotage de la production vise en priorité l’armement réduit à environ 40 % de sa capacité potentielle. A la faveur du bombardement du 24 août 1944 qui détruit complètement les usines d’armement et celles du programme « Mibau », le Comité clandestin récupère et cache des armes, souvent pièce par pièce, et des munitions en perspective d’une action d’autodéfense et de libération.

Entre le 6 et le 10 avril 1945, les SS évacuent en direction des camps de Flossenbürg, Dachau, Leitmeritz, Theresienstadt, plus de 26 000 détenus, dont la presque totalité du petit camp, et les 9 000 arrivant d’Ohrdruf.
Neuf convois ont été ainsi jetés sur les routes ou les voies ferrées, souvent d’abord en wagons de marchandises, puis à pied, toujours dans des conditions extrêmes qui ont conduit à une véritable hécatombe.
Tout homme qui, épuisé, tombait ou s’arrêtait était abattu d’une balle dans la tête. C’est ainsi qu’en ce tragique mois d’avril près de 30 000 déportés furent massacrés, d’où le nom de marches de la mort qui a été donné à ces évacuations.

Le 11 avril 1945 survient la libération du camp de Buchenwald.
Dès le matin et jusque vers 14 heures, la tension monte, tant du côté des SS qui ont entamé leur repli pour échapper aux troupes américaines, qu’au sein du Comité militaire clandestin où se discute le moment le plus opportun de passer à l’action, sans risquer de provoquer un massacre. Constatant le départ (temporaire ou définitif) de la plus grosse partie des effectifs et de l’armement de la SS, la Résistance clandestine décide de passer à l’action, à l’aide de groupes d’intervention, le plus souvent encadrés par des militaires, entre lesquels avaient été réparties les quelques dizaines d’armes récupérées et jusque-là soigneusement dissimulées.

Lorsqu’arrivent les premiers éléments de l’armée Patton, le camp est sous le contrôle de la Résistance. Le journal de marche de la 4e division indique : « Avant notre arrivée, les postes de gardes ont été pris et 125 SS ont été capturés et sont internés au camp, où ils sont calmes. La direction du camp est entre les mains d’un comité bien organisé comportant toutes les nationalités représentées » .

Ainsi s’achèvent huit années d’existence du camp de Buchenwald, au cours desquelles périrent environ 56 500 détenus et où 238 980 ont pu être recensés.
Le 19 avril 1945, les 21 000 détenus présents au camp font le Serment de continuer le combat pour la paix et la démocratie.

Claude Mercier
livre mémorial FMD
2004

Dachau

Dachau

Le KL Dachau est situé en Bavière, à une vingtaine de kilomètres au nord-ouest de Munich.

C’est le premier camp de concentration créé par le IIIème Reich, le 20 mars 1933, soit seulement sept semaines après l’accession d’Adolf Hitler au pouvoir. Il constitue ainsi le modèle de référence sur lequel d’autres camps ont été construits et ont fonctionné jusqu’à la fin de la guerre.

Les premiers détenus, tous des opposants au nouveau régime (sociaux-démocrates, communistes et quelques monarchistes) sont installés au camp dans les baraquements d’une fabrique d’explosifs désaffectée, datant de la première guerre. Ils sont bientôt rejoints par des témoins de Jéhovah, des droit commun, des Juifs et des Tsiganes, des homosexuels, alors qu’est construit un véritable complexe concentrationnaire.
De 1933 à 1939, 35 575 détenus, des Allemands, puis des Autrichiens, des Tchèques et des Polonais, sont ainsi immatriculés au KL Dachau. A partir de 1939, des détenus provenant de tous les pays en guerre contre l’Allemagne arrivent à Dachau. A la libération, trente nations sont représentées. Au total, plus de 200 000 déportés sont passés par Dachau et ses Kommandos. Parmi eux, on trouve 12 500 Français environ.

Les premiers Français, arrivés dès l’été 1940 au camp, sont partis des départements français annexés au Reich. On compte également des travailleurs civils et des prisonniers de guerre arrêtés sur le territoire du Reich dont les entrées au camp se succèdent jusqu’en avril 1945. Au total, plus de 2 100 y pénètrent dans ces conditions.
Les autres Français arrivent à partir de 1943, comme Edmond Michelet, depuis le camp de Sarrebruck Neue Bremm, puis surtout à partir de l’été 1944. Des transports massifs quittent alors la France depuis Compiègne, Dijon, Lyon et Bordeaux et arrivent à Dachau notamment les 20 et 26 juin, les 2, 5 et 7 juillet, et enfin le 28 août 1944. Ces transports acheminent au total plus de 6 000 déportés. Par ailleurs, des détenus du SL Schirmeck et du KL Natzweiler sont aussi évacués vers Dachau à partir de septembre 1944.

 

Le KL Dachau compte 169 Kommandos extérieurs dans les dernières semaines de la guerre. Ils sont disséminés en Bavière, dans le Wurtemberg et dans les régions frontalières de l’Autriche. En Bavière, on peut citer ceux d’Augsbourg-Pfersee (usines Messerschmitt), d’Allach (usines BMW et aéronautique). Plusieurs Kommandos de femmes dépendent également du KL Dachau, comme celui des usines Agfa à Munich ou celui des constructions mécaniques des Michelwerke à Augsbourg. Au total, 11 000 femmes environ sont affectées dans des Kommandos extérieurs dépendant du KL Dachau.
Le camp de Dachau présente quelques caractéristiques propres comme, à partir de la fin de 1940, le regroupement, après une convention ratifiée entre le IIIème Reich et le Vatican, des prêtres de toutes nationalités initialement dispersés dans les autres camps de concentration. Celui-ci ne devient systématique qu’à partir de novembre 1944. Au total, 2 271 religieux sont comptabilisés à Dachau, dont 700 y meurent et 300 disparaissent au cours des transports d’évacuation. 156 prêtres français y sont déportés dont Monseigneur Piguet, évêque de Clermont-Ferrand, et le père Michel Riquet. Parmi les autres personnalités françaises déportées à Dachau se trouve le général Delestraint, chef de l’Armée Secrète, qui est exécuté le 19 avril 1945.

Le 26 avril 1945, alors qu’une épidémie de typhus sévit dans le camp depuis décembre 1944 et cause de nombreux décès, les SS organisent l’évacuation de 7 000 détenus vers le Sud. Ces différentes colonnes ne sont rejointes qu’au début du mois de mai par les troupes alliées. Les 30 000 survivants restés au camp sont libérés le 29 avril par les troupes américaines. Sur plus de 200 000 prisonniers enregistrés au KL Dachau, 31 591 décès ont été déclarés au camp.

Flossenbürg

Flossenbürg

Le KL Flossenbürg est souvent qualifié de camp « oublié », car si près de 6 000 Français, dont plus de 900 femmes y ont été détenus, sans compter des milliers d’autres évacués de Buchenwald en avril 1945 et qui n’ont pas été immatriculés, aucun transport direct n’est organisé au départ de France vers ce KL. En effet, tous ont séjourné dans d’autres camps ou dans des prisons du Reich avant d’être transférés à Flossenbürg.

KL Flossenbürg

Dès avril 1938, un Kommando venu du KL Dachau commence l’édification du camp situé à 800 mètres d’altitude au cœur d’une forêt, dans l’Oberpfalz (Haut-Palatinat bavarois), près de la frontière tchèque et loin de toute grande ville. Le premier occupant fut un Allemand immatriculé 1 le 3 mai 1938. Initialement conçu pour accueillir 1600 détenus, une première extension porte sa capacité à 3 000, une seconde à 4 000, alors que fin 1944-début 1945 la population atteint 15 000 hommes. Et, si près de 100 000 détenus sont passés à Flossenbürg, peu ont finalement séjourné au camp central en raison de la prolifération de Kommandos extérieurs, souvent très lointains : 95 Kommandos, dont 69 en Allemagne et 26 en Tchécoslovaquie. Ceux d’Hersbruck et de Leitmeritz comptent plus de 10 000 déportés, alors qu’une multitude de petits camps accueillent une centaine de détenus. Le travail imposé tourne toujours autour de deux grands axes : d’une part l’industrie de l’armement, et en particulier de l’aéronautique avec des usines Messerchmitt, et d’autre part les travaux du sol dans les carrières de granit, le forage de tunnels et d’usines souterraines.

 

On estime à 5 344, dont 965 femmes, le nombre de Français passés par ce camp avant avril 1945. Le cas des femmes est à considérer à part, car elles n’apparaissent dans les registres d’immatriculation de Flossenbürg qu’à partir du 1er septembre 1944, quand certains Kommandos du KL Ravensbrück sont rattachés administrativement à Flossenbürg. Mis à part quelques exceptions, comme trois Françaises pendues le 13 avril 1945 pour sabotage, elles n’entrent jamais au camp central. Au contraire, parmi les 4 475 hommes recensés comme étant passés par ce KL ou ses Kommandos, au moins 2 400 sont décédés, soit 53 %. La grande majorité des détenus provient de convois arrivés des KL Buchenwald, en février et mai 1944, et Dachau, en juillet et août 1944 ; transports qui représentent à eux seuls 60 % des entrées.

La majorité des autres sont des détenus « Nacht und Nebel » partis de France occupée (en particulier du Nord-Pas-de-Calais) et transférés des prisons de la région de Nuremberg au KL Flossenbürg après l’abrogation de la procédure « NN » en septembre 1944. On note aussi l’immatriculation de près de 500 Français arrêtés sur le territoire du Reich. En outre, en avril 1945, des milliers de déportés évacués d’autres camps, en particulier de Buchenwald, arrivent à Flossenbürg, entre deux « marches de la mort », sans y être immatriculés.
C’est dans les Kommandos de Hersbruck, de Johanngeorgenstadt et de Leitmeritz que les taux de décès sont les plus importants parmi les Français avec respectivement 74, 59 et 55 %. Il faut enfin citer le cas particulier du château d’Eisenberg, rattaché officiellement au KL Flossenbürg et où sont envoyés quelques 250 Français qualifiés de « personnalités-otages ». Certains déportés de Dachau et de Buchenwald sont, semble-t-il, transférés directement vers les Kommandos de Hersbruck, de Flöha et de Terezin sans passer par Flossenbürg.

Le 20 avril 1945, alors que les troupes alliées approchent, le camp est évacué en quatre colonnes qui comprennent au total 14 800 détenus, dont l’une atteint Dachau. Lors de marches forcées d’environ 80 km, 7 000 périssent alors que les survivants sont libérés le 23 avril 1945 sur la route de Cham par une colonne blindée américaine, tandis qu’une autre libérait le camp lui-même le même jour.

Robert Deneri
extraits du livre mémorial-2004 -tome 1

Bulletin mémoire vivante n°36 de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation

Gross-Rosen

Gross Rosen

Situé en Silésie, au sud de l’Oder et à 60 kilomètres de Breslau, près de la ville portant le même nom (Rogosnica, en polonais).

Le camp de Gross-Rosen a été créé en Août 1940 comme kommando de Sachsenhausen, les prisonniers étaient destinés à travailler dans la carrière de granit Le premier transport, partis de Sachsenhausen et composé de 98 polonais est arrivé le 2 Août

Il devient un camp autonome à l’automne 1941 avec ses propres Kommandos de travail.

L’originalité du KL Gross Rosen réside dans la présence, sur la place d’appel, d’un campanile supportant une cloche qui rythme la vie des détenus. Sonnant les rassemblements, lugubre, elle annonçait aussi les pendaisons.

Nombre de témoignages évoquent l’aspect monotone du camp, illustré par ses vingt-deux blocs identiques et alignés jusqu’au crématoire. Les détenus sont astreints au travail forcé dans les carrières voisines du camp, particulièrement meurtrières, mais aussi dans des Kommandos intérieurs comme Siemens, Blaupunkt, Wetterstelle ou la filature ; ou encore, à l’extérieur, dans les Kommandos de Kamenz, Aslau, Gassen ou Gross Koschen.

La mortalité était telle que le crématoire construit en 1941 se révéla vite incapable de suivre la progression. En 1943, la maison "Topf und Söhne" qui avait déjà équipé d’autres camps reçut commande de "fours à 4 chambres et à grand rendement"

Le KL Gross Rosen est un camp de concentration de la seconde génération, celle de l’expansion territoriale du Reich vers l’Est. Les facteurs économiques sont à l’origine de son accession au statut de camp autonome : l’aggravation des bombardements alliés sur le Reich nécessite le transfert en Basse Silésie d’usines d’armement menacées par les bombes. Il faut désormais fournir de la main-d’œuvre à ces usines. Le KL Gross Rosen, prévu pour un effectif de 15 à 20 000 détenus, doit constituer ce réservoir de main-d’œuvre.

Au départ, le KL Gross Rosen est destiné aux déportés polonais. Puis des prisonniers de guerre soviétiques y sont envoyés, ainsi qu’après l’abrogation de la procédure Nacht und Nebel (NN) des Français de zone occupée et du Nord-Pas-de-Calais, ainsi que des Belges extraits des prisons allemandes où ils étaient détenus. Les prisonniers « NN » y sont internés dans les blocs 9 et 10, qui peuvent contenir jusqu’à 1 000 détenus chacun. Ils subissent des conditions effrayantes de manque d’hygiène et d’épuisement qui conduisent rapidement à la mort. Les déportés « NN » du Nord-Pas-de-Calais, arrivés pour la plupart par le transport du 30 octobre 1944 en provenance du Zuchthaus Gross Strehlitz, ont payé un lourd tribut dans ce camp, puisque près de 50% sont décédés avant son évacuation en février 1945. On signalera aussi l’immatriculation au camp d’au moins 162 Français arrêtés sur le territoire du Reich.

Sur les 200 000 personnes qui ont séjourné au camp, on estime que 40 000 y ont trouvé la mort.

Quelques mois avant la fin de la guerre, des déportés transférés d’autres camps transitent par Gross Rosen. Ce sont en particulier les détenus des camps de l’Est, comme Auschwitz, évacués face à l’avance de l’Armée Rouge.

La surpopulation entraîne la propagation d’une épidémie de typhus et, entre le 8 février et le 23 mars 1945, le camp doit être à son tour évacué vers les KL Buchenwald, Flossenbürg, Dachau et surtout Dora et ses Kommandos dont la Boelke Kaserne à Nordhausen.
Par des températures qui descendaient jusqu’à 20 et 25 degrés en dessous de zéro, des wagons-tombereaux roulèrent pendant dix jours avant d’atteindre Dora -Nordhausen, Buchenwald, Bergen-Belsen... Ils étaient chargés de détenus, serrés les uns contre les autres, qui moururent presque tous.

Le 5 mai 1945, les troupes soviétiques entrées dans le camp ne trouvent que quelques survivants.

Equipe du Livre-Mémorial
(copie de la Base de données de la Fondation pour la mémoire de la déportation )

Principaux kommandos et camps annexes de Gross Rosen

’(liste non exhaustive)


Aslau (usine d’aviation)
Bad Warmbrunn.Cieplice (firme « Dorries-Fuellner)
Bernsdorf-Bernatice (filatures de jute,Kommando de femmes)
Bolkenhain (usine d’aviation)
Breslau Wroclaw (voies ferrées)
Brieg-Brzeg (aéroport)
Bunzlau-Boleslawiec (constructions en bois)
Bunzlau Rauscha (intendance)
Christianstadt (Ste Nobel, Kommando de femmes)
Dyhernfurth (Ste Lunabril)
Faulbruk (Service de l’inspection d’armement)
Gabersdorf (firme Barthe, Kommando de femmes)
Gellenau (usine d’aviation, Kommando de femmes)
Gebhardsdorf (usine d’aviation, Kommando de femmes)
Go¨ rlitz (Wumag, construction de wagon et machines)
Graben (filature de lin, Kommando de femmes)
Grafenort (constructions me´caniques)
Grunberg (articles de laine)
Gruscwitz-Kruszwica (textile, Kommando de femmes)
Halbstadt-Mezimesti (coton, Kommando de femmes)
Hartmanndorf (firme Walker)
Hirschberg-Wirschkowitz (camp de travail pour femmes)
Hohenelbe Vrchlabi (usines d’aviation)
Kamenz ( fabrique de pièces pour machines outils)
Kittlitztreben Kotlicki Trebin (aérodrome de Kretschamberg)
Kratzau-Chrastava (usines d’armement)
Landeshut-Kamienogora (firme Kramsta et Meshner)
Langenbielau (Telefunken, Krupp, Goldschmitt.).
Markstadt-Laskowitz (camp disciplinaire, firme Krupp, berta Gruen Goering)
Merzdorf (filature)
Mittelsteine (usine d’aviation, Kommando de femmes)
Oberaltstadt (filature de lin, Kommando de femmes)
Parschnitz-Porici (filature de lin, Kommando de femmes)
Reichnau-Reichenbach
Striegau (carrières)
Waldenburg (constructions mécaniques pour I.G. Farben)
Falkenberg (percement tunnel routier)
Ludwigsdorf (dynamite, Kommando de femmes)
Schotterwek (Organisation Todt, concassage de pierres)
Tannhausen (chantier de Lehmawasser)
Wolsberg (usine souterraine de munitions)
Friedland (firme VDM construction avions)
Zittau (entreprise Zitt)

Plus d’info :
Musée de Gross Rosen

Bibliographie
liste non exhaustive

Hersbrück

Hersbruck est situé en Bavière (Allemagne).
Hersbruck est un Kommando extérieur dépendant du KL Flossenbürg sur le terrain d’un complexe autrefois utilisé par le Service du travail du Reich..

Complexe du service du travail du Reich, Hersbruck 1936

En 1944-1945, l’Allemagne subit des bombardements massifs. Les dirigeants nazis décident alors d’enterrer l’industrie de l’armement. Les prisonniers arrivent à Hersbruck en juillet 1944. Ce complexe de tunnels de près de 200 000 mètres carrés était prévu pour la production de moteurs d’avion BMW. Hochtief AG, Siemens Bauunion, AEG Wolkwagen et d’autres sociétés allemandes. Le travail des détenus consiste à déblayer les roches dynamitées, afin d’aménager les galeries.

Hersbruck, photo aérienne des plans de camp, 1945

Hersbruck, était l’un des plus grands kommandos de Flossenbürg . Le camp principal comprenait 15 block en bois pour les prisonniers, trois blocks pour l’infirmerie, un bureau de camp, une cuisine, les to ilettes, la morgue et une place ouverte pour l’appel. En outre, il y avait un bâtiment appelé « bloc de miséricorde », où les mourants étaient exécutés.

The Hanging Ritual", dessin de Vittore Bocchetta, non daté

Une potence pour l’exécution des prisonniers a été érigée sur la place d’appel du camp le 31 août 1944.

Séparé du monde extérieur par une clôture de barbelés et une rangée de simples tours de garde en bois. La clôture n’a pas été électrifiée. À l’intérieur du camp, les SS exerçaient un pouvoir absolu sur les détenus. Tout prisonnier qui s’ approche de la clôture est abattu.

Pendant ses 11 mois d’existence, de mai 1944 à avril 1945, le camp compte près de 10 000 déportés dont plus de 4 000 y trouvent la mort.

En mai 1945, la SS évacue 1 600 malades par train et 3 800 à pied vers Dachau. Plus de 600 meurent en route. La guerre a pris fin avant que l’usine de moteurs puisse être mise en service.

Le système de tunnels est aujourd’hui inaccessible.

Plan du système de tunnels à Hersbruck, mars 1945, Archives fédérales de Berlin

Après la libération en 1945, un cimetière a été établi sur l’ancien campement pour les prisonniers qui y étaient morts. Les corps des prisonniers ont été réintégrés au cimetière commémoratif de Flossenbürg.

Après la libération, le camp a été utilisé comme camp d’internement pour les membres SS, et plus tard comme camp de personnes déplacées. Au début des années 1950, la ville de Hersbruck a démoli le camp. Un lotissement et des courts de tennis ont été construits sur le site.

Dix anciens gardes de Hersbruck ont été traduits en justice devant le tribunal de Nuremberg-Fürth en 1950. Le SS Ludwig Schwarz a été jugé à Nuremberg en 1951 et condamné à mort Le commandant du camp, SS-Hauptsturmführer Heinrich Forster, s’est caché après la guerre sous le nom de Hans Reich. Il est mort en 1955 à Hanau à la suite d’un accident de vélo.

Mittelbau-Dora

Mittelbau Dora

L’ancien camp de concentration Mittelbau-Dora

A la fin du moi d’août 1943, s’ouvrit près de Nordhausen, dans le Kohnstein, un camp extérieur dépendant du camp de concentration de Buchenwald qui portait le nom de "Dora". La cause immédiate fut le bombardement du centre de recherche des fusées de Peenemünde les 17 et 18 août 1943 ainsi que la décision de déplacer sous terre l’assemblage des fusées. Depuis que la défaite de l’Allemagne se profilait en 1943, le ministère de l’armement et la SS collaboraient étroitement, afin de mobiliser toute la main-d’œuvre disponible pour la " guerre totale ". Les détenus des camps de concentration et les travailleurs forcés furent eux aussi employés dans l’industrie d’armement.

Un vaste réseau de tunnels existait déjà dans l’anhydrite du Kohnstein. Les détenus du camp de concentration durent l’aménager en une usine de fusées, la soi-disante Mittelwerk ( " usine du centre " ), et, à partir de janvier 1944, commença dans cette entreprise d’Etat la fabrication des " armes de représailles " (armes V) prônées par Goebbels. Pendant que la production de fusées relevait du ministère de l’armement du Reich qui avait fondé la SARL Mittelwerk, la SS était responsable des immenses travaux de construction. Le soi-disant " état-major Kammler ", sous la direction de Hans Kammler, était compétent pour l’ensemble du " Sperrgebiet Mittelbau " (zone interdite Mittellbau), qui s’étendait au Nord jusqu’à Göttingen, au Sud jusqu’à Bad Langensalza et à l’Est presque jusqu’à Eisleben.

Pour les travaux, la SS envoyait des hommes de nombreux pays occupés par l’Allemagne à " Dora ". Ceux-ci étaient enfermés jour et nuit dans les tunnels, et, à cause d’atroces conditions de vie et de travail, beaucoup moururent déjà au bout de quelques semaines. C’est seulement au printemps 1944 qu’un camp de baraques fut construit à la surface.

En octobre 1944, le camp de " Dora " obtint, sous le nom " Dora-Mittelbau ", le statut d’un camp de concentration autonome. Il se développait en tant que centre d’un grand complexe de camps avec plus de 40 camps extérieurs et kommandos de travail dans presque tous les lieux de la région. Ce réseau de camps et d’installations souterraines fut en permanence renforcé y compris dans les dernières semaines de la guerre. La plupart des prisonniers du camp de concentration devaient travailler sur de nombreux chantiers, seul un dixième était employé à l’usine souterraine. Là, travaillaient étroitement, sous la direction de l’équipe dirigeante des spécialistes des fusées (Wernher Van Braun, Arthur Rudolph), les ingénieurs, les travailleurs civils et les détenus. Les brutalités sur les prisonniers, les exécutions des saboteurs réels ou présumés et l’assassinat des détenus mal vus en particulier politiquement était chose courante dans la phase finale. Parmi les 60.000 détenus du camps de concentration Mittelbau-Dora, 20.000 trouvèrent la mort, la plupart d’entre eux dans les kommandos de constructions.

Le 11 avril 1945, des unités de la IIIème armée américaine libérèrent le camp. Ils trouvèrent quelques centaines de prisonniers que les SS n’avaient pas évacuer ainsi que 1.200 morts et mourant dans la Boelcke Kaserne de Nordhausen, où les SS avaient ouvert un camp pour les " inaptes au travail ".

 

L’après guerre

Jusqu’à la fin du mois de juin 1945, les spécialistes américains sauvegardèrent les installations de production souterraines et récupérèrent documents, machines et fusées complètes, qu’ils transférèrent avec les principaux ingénieurs aux Etats-Unis. Après le changement des forces d’occupation en juillet 1945, l’administration militaire soviétique prit en charge les installations encore existantes et fit sauter les tunnels en 1949. L’ancien camp de baraques servit jusqu’ en 1946 de camp pour les réfugiés et fut finalement presque complètement rasé.

En 1946, l’administration militaire soviétique érigea un premier monument commémoratif dans la zone du crématoire. En 1949, celui-ci releva de la compétence de la ville de Nordhausen. En 1954, fut inauguré un " monument aux morts du camp de concentration de Dora ", puis transformé, dans les années soixante, en " un lieu de mémoire et de commémoration antifascistes " ( depuis 1966 " lieu de mémoire et de commémoration du camp de concentration de Dora ", depuis 1975 " lieu de mémoire et de commémoration Mittelbau ") avant d’être pris en charge par le canton Nordhausen. En 1991, commença une nouvelle conception.

Le mémorial du camp de concentration de Mittelbau-Dora fait aujourd’hui partie de la fondation pour les Mémoriaux de Buchenwald et de Mittelbau-Dora, une fondation (crée en 1994) sous tutelle du gouvernement fédéral et du Land de Thüringe. Dans le cadre d’une conception fédérale des Mémoriaux, l’Etat encourage le projet d’une nouvelle conception cette fois définitive du Mémorial Mittelbau-Dora. Cela a permis à la fondation d’organiser en septembre 2000 un concours international d’idées et de réalisation pour la construction d’un nouveau bâtiment abritant l’administration et le musée ainsi que pour l’organisation du terrain de l’ancien camp. En 2005, sont inaugurés un centre d’apprentissage et de documentions accompagné d’une exposition qui témoigne du travail forcé et de l’exploitation des détenus du camp de concentration au sein du complexe des camps Mittelbau-Dora.

Principaux kommandos et camps annexes de Mittelbau-Dora 

Artern, Blankenburg-Oesig, Bleicherode, Blankenburg-Regenstein, Bischofferode (Eichsfeld), Boelcke-Kaserne, Ellrich-Bürgergarten, Ellrich-Juliushütte, Groß-Werther, Günzerode, Gut Bischofferode, Harzungen, Hohlstedt, Ilfeld, Ilsenburg, Kelbra, Kleinbodungen, Ballenstedt, Mackenrode, Niedergebra, Nüxei, Osterhagen, Osterode-Freiheit (firme Curt Heber), Osterode-Petershütte, Quedlinburg, Rehungen, Roßla, Rottleberode, Stempeda, Tettenborn, Trautenstein, Wickerode, Wieda, Woffleben, 5. SS-Eisenbahnbaubrigade – (5ème brigade SS de construction ferroviaire),
6. SS-Eisenbahnbaubrigade – (6ème brigade SS de construction ferroviaire),
7. SS-Eisenbahnbaubrigade – (7ème brigade SS de construction ferroviaire),
8. SS-Eisenbahnbaubrigade – (8ème brigade SS de construction ferroviaire).

 

Plus d’info :

Commission Dora Ellrich de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation :
http://dora-ellrich.fr/accueil/

Association Française Buchenwald Dora : http://buchenwald-dora.fr/

la fondation allemande :https://www.buchenwald.de/fr/

Bibliographie :

liste non exhaustive

Bulletin mémoire vivante n°48 de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation
Histoire du camp de Dora - André Sellier - La Découverte
Ellrich 1944-1945, Camps de la mort lent dans le nébuleuse concentrationnaire nazie - Jens Christian Wagner - Tirésias
La planète Dora - Yves Béon
Le camp des armes secrètes - Max Dutillieux
Le déporté, la haine et le pardon - Jean Mialet
Contrainte par corps - Marcel Petit

Neuengamme

Neuengamme

Le KL Neuengamme se situe à environ 25 kilomètres au sud-est de Hambourg, sur la rive droite de l’Elbe, dans une région marécageuse et plate.

Le commandement SS décide d’y réactiver une briqueterie désaffectée et d’implanter un camp de concentration.

Le premier [1] de travail, constitué d’une centaine de droit commun venant du KL [2], arrive sur le site le 13 décembre 1938.

Le 29 février 1940, arrive un deuxième transport d’environ 120 détenus politiques et témoins de Jéhovah employés à la construction du nouveau camp. Le 4 juin, les détenus, au nombre d’un millier, sont transférés au nouveau camp de détention. Dès lors, le camp de Neuengamme cesse d’être un Kommando de Sachsenhausen et devient un camp autonome.

Le camp central de Neuengamme est un camp d’hommes. Cependant, plus de vingt Kommandos extérieurs de femmes sont créés à partir de 1944 et lui sont administrativement rattachés.

Au total, on estime que 106 000 personnes, dont 13 500 femmes, ont été déportées au KL Neuengamme et dans ses Kommandos extérieurs de travail.

Plus de vingt nationalités sont représentées parmi les effectifs du camp, en premier lieu des Soviétiques (34 350), des Polonais (16 900), des Français (11 500), des Allemands (9 200), etc., pour la plupart opposants aux nazis.

Au camp central, les détenus sont employés dans plusieurs types d’activités : extraction et transport de la glaise, production d’éléments préfabriqués en béton, chargement et déchargement des péniches et des wagons, travail à la briqueterie. Les autres Kommandos internes se répartissent entre les ateliers de fabrication de matériels et d’armement installés dans l’enceinte du camp, dont ceux de la DAW (2 500 détenus) ou de la Metallwerke Neuengamme (800 à 1 000 détenus).

Quelque quatre-vingt Kommandos extérieurs du KL Neuengamme sont disséminés essentiellement dans l’Allemagne du nord-ouest. Des Kommandos importants sont créés : dès octobre 1942, à Drütte, pour la production de munitions (plus de 2 000 hommes) ; en mars 1943, sur l’Île d’Aurigny-Alderney, pour construire des fortifications (1 000 hommes) ; en juin et juillet 1943, à Bremen-Farge pour construire la base sous-marine Valentin (2 000 hommes) et à Hannover-Stöcken pour produire des accumulateurs de sous-marins (1 500 hommes).

Les travaux de forces prévales dans tous les autres Kommandos extérieurs : déblaiements, terrassements, fortifications, production de munitions, matériel militaire, etc. A partir de mars 1945, ces Kommandos deviennent prépondérants dans les effectifs avec 40 000 détenus contre 14 000 entassés au camp central.

Le nombre de Français qui ont été immatriculés au KL Neuengamme est d’environ 11 500 : 11 000 hommes et 500 femmes.

Pour leur majorité, ils font partie de cinq grands transports acheminés directement de France vers Neuengamme. Les quatre premiers partent du camp de Compiègne-Royallieu respectivement les 21 mai 1944 (plus de 2 000 hommes), 4 juin (un peu plus de 2 000 hommes), 15 juillet (plus de 1 500 hommes) et 28 juillet (plus de 1 600 hommes). Le dernier transport (plus de 700 hommes), enfin, part de Belfort-Fort Hatry le 29 août 1944.
Les autres Français ont été transférés d’autres camps de concentration, comme les femmes de [3] affectées à des Kommandos extérieurs de Neuengamme. Enfin, au moins 200 Français ont été internés au KL Neuengamme après une arrestation sur le territoire du IIIème Reich.

A partir de mars 1945, l’avance des Alliés contraint les SS à évacuer les camps de concentration. Les Kommandos extérieurs, puis le camp central de Neuengamme sont évacués au cours de « marches de la mort » et de transports meurtriers vers [4], Sandbostel (Stalag X B), Wöbbelin, Gardelegen et la baie de Neustadt.

Le camp central de Neuengamme est évacué à partir de la mi-avril.

Les déportés restants sont transférés vers Lübeck, puis embarqués sur des navires : le Cap Arcona (4 600 hommes), le Thielbeck (2 800 hommes) qui gagne la haute mer, et l’Athen (2 000 hommes) qui fait un retour imprévu à quai pour charger de nouveaux détenus. Le 3 mai 1945, des avions britanniques, trompés sur la nature des transports, attaquent les navires en baie de Neustadt. Le Thielbeck est coulé, le Cap Arcona en feu chavire et finit par sombrer. De ces deux bâtiments, il n’y a que 450 à 500 survivants. L’Athen quant à lui est pratiquement épargné.

Les troupes britanniques qui pénètrent dans le camp de Neuengamme le 5 mai 1945, trouvent un camp vide.

Sur les 106 000 déportés au KL Neuengamme et dans ses Kommandos, on estime le nombre des morts à 55 000, dont plus de 7 000 Français. Plus du quart des déportés décédés ont péri durant les toutes dernières semaines de leur déportation, au cours de leur évacuation (15 000 morts et disparus dont 7 000 en mer).

Equipe du Livre-Mémorial

Les Kommandos de Hambourg

·BLOHM & VOSS - sur le port, rive droite de l’Elbe. Constructions navales et déblaiement.
·BULLENHUSER DAMM - au sud-est de la ville. Déblaiement, récupération de matériaux de construction.
·DESSAUER UFER/VEDDEL - sur le port, au sud de la ville (Hommes). Déblaiement, creusement de fossés anti-chars, production de carburant.
·DESSAUER UFER/VEDDEL - sur le port, au sud de la ville (Femmes). Déblaiement, production de carburant.
·DEUTSCHE WERFT (Finkenwerder) - sur le port, rive gauche de l’Elbe, à l’ouest. Chantiers navals, déblaiement, déminage.
·EIDELSTEDT - au nord ouest de la ville (Femmes). Production de munitions, déblaiement et construction.
·FUHLSBÜTTEL - au nord de la ville. Prison de police (Gestapo). Déblaiement sur le port. Fossés anti-chars.
·HOWALDTWERKE - rive droite de l’Elbe. Chantier naval, déblaiement.
·LANGENHORN - au nord de la ville (Femmes). Fabrication de fusils et de munitions, construction de logements provisoires.
·NEUGRABEN - au sud de Hamburg et ouest de Harburg. (Femmes). Déblaiement et construction, tuilerie.
·POPPENBÜTTEL et SASEL - au nord-est de la ville (Femmes). Construction de plaques de béton, déblaiement.
·SPALDINGSTRASSE - au sud-est de la ville. Bâtiment, déblaiement, réparation de chemins de fer, constructions navales.
·SPRINGKOMMANDO BRACKDAMM - en ville. Recherche et dégagement de bombes non éclatées.
·STÜLKENWERFT - sur le port, rive gauche de l’Elbe. Sous-K° de Spaldingstrasse. Bâtiment, déblaiement, constructions navales.
·TIEFSTACK - sur le port, au sud-est (Femmes). Constructions mécaniques, cimenterie, fossés anti-chars.
·VEDDEL - rive droite de l’Elbe, 20 km ouest de Hamburg. (Femmes). Travaux de déblaiement.
·VEDDEL - rive droite de l’Elbe, 20 km ouest de Hamburg. (Hommes). Creusement de fossés anti-chars.
·WANDSBEK - à l’est de la ville (Femmes). Fabrique de masques à gaz.

Kommandos de la région de BREMEN (Brême) - 9 Kommandos

Au Kommando de Bremen-Farge, la Kriegsmarine (marine de guerre allemande) emploie plus de 10 000 hommes, dont 3000 déportés, pour la construction d’un immense "Bunker" en béton, le "Bunker Valentin", destiné à abriter l’assemblage de sous-marins. Le taux de mortalité est très élevé.

·BLUMENTHAL - nord-ouest de Brême, sur la Weser. Chantiers navals.
·BORGWARD-WERKE - en ville. Construction automobile.
·FARGE "VALENTIN" - nord-ouest de Brême. Construction du Bunker de la base sous-marine Valentin. (Nombreux Français).
·HINDENBURGKASERNE - en ville. (Femmes). Constructions, déblaiement, plaques de béton préfabriquées.
·HORNISSE (RIESPOTT) - KRIEGSMARINE - nord-ouest. Déblaiement, construction bunker pour sous-marins et évacuations de scories.
·LÜBBERSTEDT - nord de Brême. (Femmes). Fabrication de munitions pour défense aérienne.
·OBERNHEIDE - en ville. (Femmes). Constructions, déblaiement.
·SCHÜTZENHOF - sud-est de Brême. Chantiers navals.
·UPHUSEN (BEHELFSWOHNBAU) - sud-est de Brême. (Femmes). Déblaiement, plaques de béton pour logements provisoires


Région de HANNOVER (Hanovre) - 7 Kommandos

·AHLEM - à l’ouest de la ville. Usine de munitions, déblaiement, construction galerie souterraine, blindage et machines pour chars.
·LINDEN MÜHLENBERG - au sud-ouest de la ville. Construction de moteurs d’automobiles et de canons.
·LANGENHAGEN - au nord de Hanovre, à l’est de l’aérodrome. (Femmes). Fabrication d’éléments pour avions et réparations.
·LIMMER (CONTINENTAL) - à l’ouest de la ville. (Femmes). Fabrication de masques à gaz.
·MISBURG - à l’est de la ville. Déblaiement et production de carburant.
·STÖCKEN (ACCU) - au nord-ouest de la ville. Fabrication d’accumulateurs de sous-marins (Accumulatorenfabrik).
·STÖCKEN (CONTI) - au nord-ouest de la ville. Fabrication de caoutchouc pour pneus d’avions et autos. (Continental Gummi-Werke).

 

Région de BRAUNSCHWEIG (Brunswick) - 9 Kommandos

·BÜSSING NAG - centre ville. Usine de camions, déblaiement, terrassement et construction. (Annexe à VECHELDE).
·BRAUNSCHWEIG SS-REITSCHULE - en ville. (Femmes). Déblaiement.
·SALZGITTER BAD - Salzgitter. (Femmes). Fabrication de grenades et obus.
·SALZGITTER DRÜTTE - Salzgitter. Usines Hermann Göring. Production de munitions, obus, grenades.
·SALZGITTER WATENSTEDT - Salzgitter. (Hommes). Production de bombes et obus. Entretien aciérie Stahlwerke Braunschweig.
·SALZGITTER WATENSTEDT - Salzgitter. (Femmes). Fabrication de munitions, firme Stahlwerke Braunschweig.
·SALZGITTER GEBHARDSHAGEN - à l’ouest de Salzgitter. Extraction de minerai dans une mine de fer.
·SCHANDELAH - à l’est de Braunschweig. Raffinerie Steinöl. Exploitation de schistes bitumineux.
·TRUPPENWIRTSCHAFTSLAGER - en ville de Braunschweig. Construction d’une baraque-bureau pour les SS, magasins de l’armée.


Région de MINDEN - PORTA-WESTFALICA - 5 Kommandos

·BARKHAUSEN PORTA - au sud de Minden, ouest de la Weser. Nivellement, galeries de mines : construction d’avions.
·HAUSBERGE PORTA - sud de Minden, est de la Weser. (Hommes). Construction d’une usine aéronautique souterraine et d’une raffinerie.
·HAUSBERGE PORTA - sud de Minden, est de la Weser. (Femmes). Fabrication et montage de lampes radio dans une usine souterraine.
·LERBECK PORTA - à l’est de Minden. Réparation de moteurs d’avions et de chars.
·NEESEN - au sud-est de Minden. Travaux en cimenterie

Région du SCHLESWIG-HOLSTEIN - 9 Kommandos

·HUSUM-SCHWESING - à l’ouest du Land. Creusement de fossés anti-chars dans la zone côtière marécageuse (Frisenwall).
·KALTENKIRCHEN et NÜTZEN - au nord de Hambourg. Terrassement et aménagement d’un aéroport pour la Luftwaffe.
·KIEL SPRINGKOMMANDO - périphérie de Kiel. Dégagement de bombes non explosées. Déblaiement.
·LADELUND - à l’ouest de Flensburg (4 km du Danemark). Creusement de fossés anti-chars et construction d’abris (Frisenwall).
·LÜTJENBURG HOHWACHT - est de Kiel. Fabrication d’appareils de navigation pour la Luftwaffe.
·MÖLLN-BREITENFELDE - 40 km à l’est de Hambourg. Direction SS du bâtiment de Mölln, travaux dans une scierie.
·NEUSTADT in HOLSTEIN - nord de Lübeck. Construction de baraques pour hôpital militaire de la SS.
·WEDEL - 20 km à l’ouest de Hambourg, rive droite de l’Elbe. (Hommes). Creusement de fossés anti-chars
·WEDEL - 20 km à l’ouest de Hambourg, rive droite de l’Elbe. (Femmes). Déblaiement.

Région de BASSE-SAXE (NIEDERSACHSEN) - 10 Kommandos

·ALT GARGE et BARSKAMP - au sud-est de Hambourg. Terrassement, construction d’une centrale électrique.
·FALLERSLEBEN-LAAGBERG - au nord-est de Braunschweig. (Hommes). Travaux de terrassements (dans la glaise) et de construction pour les usines Wolkswagen.
·FALLERSLEBEN et WOLFSBURG - au nord-est de Braunschweig. (Femmes). Travaux pour les usines Wolkswagen.
·GOSLAR - 50 km au sud de Braunschweig. Direction SS du bâtiment.
·HELMSTEDT-BEENDORF - à l’est de Braunschweig. (Hommes). Installation d’usines souterraines dans une mine de sel.
·HELMSTEDT-BEENDORF - à l’est de Braunschweig. (Femmes).Travail pour l’aéronautique dans une usine souterraine (mine de sel).
·HILDESHEIM - au sud-est de Hanovre. Terrassements pour les chemins de fer allemands. Mines de plomb.
·HORNEBURGE - sud-ouest de Hambourg. (Femmes - 2 Kommandos). Fabrication de lampes radio. Travaux dans un atelier de cuir.
·SALZWEDEL - nord-est de Braunschweig. (Femmes). Tréfilerie, câbles. Fabrication de mines et munitions.
·UELZEN - 70 km au nord de Braunschweig. Terrassement pour chemins de fer allemands, réparation de voies.


De la WESER à l’EMS - 6 Kommandos

·AURICH-ENGERHAFE - entre Weser, à l’est et Ems à l’ouest. Fortifications et creusement de fossés anti-chars.
·LENGERICH - au sud-ouest d’Osnabrück. Construction d’une usine souterraine d’aviation (chasseurs).
·MEPPEN-DALUM - dans l’Elmsland, près de frontière hollandaise. Construction d’ouvrages défensifs et de fossés anti-chars.
·MEPPEN-VERSEN - dans l’Elmsland, près de frontière hollandaise. dans l’Elmsland, près de frontière hollandaise.
·VERDEN - au sud-est de Brême, rive droite de la Weser. Construction d’un centre de formation SS. Réparations.
·WILHELMSHAVEN-KRIEGSMARINE - nord-ouest de Brême, sur la mer du Nord. Chantiers navals, déblaiements. (Nombreux Français).

Région de MECKLEMBURG-BRANDEBURG - 5 Kommandos

.BOIZENBURG - au sud-est de Hambourg. (Femmes). Fabrication d’éléments pour avions et navires.
·DÜSSIN - Au sud-est de Scwherin. Travaux de ferme.
·GARLITZ - Au sud-est de Scwherin. Travaux pour la SS.
.WITTENBERGE - au sud de Ludwigslust, rive droite de l’Elbe. Construction d’une usine chimique. Usine de cellulose et de fibranne.
.WÖBBELIN - nord de Ludwigslust. Construction d’un camp pour P.G. Point de convergence de nombreux convois d’évacuation. Devient mouroir pour les déportés évacués, en avril 1945.
Sur la Baltique - 2 Kommandos :
DARSS-WIECK - péninsule au nord-est de Rostock. Travaux de découpe.
DARSS-ZINGST - péninsule au nord-est de Rostock. Travaux de découpe.

BAUBRIGADEN (équipes volantes)

·1ère SS BAUBRIGADE - ALDERNEY - Ile anglo-normande d’Aurigny. Construction de fortifications et bâtiments.

·2ème SS BAUBRIGADE - BREMEN - à Brême. Déblaiement, construction d’abris anti-aériens.

·2ème SS BAUBRIGADE - HAMBURG - en ville, Hammerbrook. Déblaiement, travaux de sauvetage.

·2ème SS BAUBRIGADE - LÜNEBURG-KALAND - ville de Lüneburg. Construction d’abris anti-aériens.

·2ème SS BAUBRIGADE - OSNABRÜCK - 100 km sud-ouest de Brême. Travaux de déblaiement.
·2ème SS BAUBRIGADE - WILHELMSHAVEN - en ville. Déblaiement et construction.

·3ème SS BAUBRIGADE - BAD SASSENDORF - dans la Ruhr. Déblaiements, travaux de réparation de voies ferrées.

 

Bibliographie

– Documentation et photos remises par la Commission
d’Histoire de l’Amicale de Neuengamme, 35, Grande
Rue 45410 Artenay.

– Brochures documentaires et ouvrages disponibles au
Centre de documentation de Neuengamme, KZGedenkstätte Neuengamme, Jean-Dolidier-Weg 39,
D-21039 Hamburg.

– N’oublions Jamais, bulletin trimestriel de l’Amicale de
Neuengamme, n
os
169 et 172.

– Mémorial des Français et des Françaises déportés au
camp de concentration de Neuengamme et dans ses
Kommandos, FMD et Amicale de Neuengamme, 1995,
528 p. (Epuise´).

– La déportation et le système concentrationnaire nazi,
ouvrage publié sous la direction de François Bédarida
et Laurent Gervereau, Musée d’Histoire contemporaine, BDIC, 1995, 311 p.

– L’exercice de vivre, Alizon Simone, Stock, Paris, 1996,
380 p.

– Alice et Gaston. Un couple et son village dans la guerre.
1939-1945, Brossard Eric et Jean-Pierre, 35, Grande
Rue 45410 Artenay, 1995, 300 p.

– Les martyrs de Neuengamme, le camp me´connu, Brunet
Pierre, Tallandier, Paris, 1975, 96 p. (Epuise´).

– Si l’écho de leurs voix faiblit, de Lassus Saint Genie`s
Raymond, Syros, Paris, 1997, 160 p.

– Torturés à vie, Desprat Edmond-Gabriel, Fus-Art,
33884 Villeneuve-d’Ornon, 1996, 120 p.

– Mémoire d’un Résistant Déporté, Espic Fernand, 30130
Pont St Esprit, 2003, 64 p.

– Le sel de la mine, Guyon-Belot Raymonde, FranceEmpire, Paris, 1990, 294 p.

– L’Homme et la Bête, Martin-Chauffier Louis, Gallimard, Paris, 1947, 246 p.

– L’univers concentrationnaire, Rousset David, Ed. du
Pavois, Paris, 1946, 190 p.

– Mémoires d’un survivant, Rullier Robert, L’Edelweis,
73700 Bourg St Maurice, 1996, 160 p.

– Mémoire oblige, Saufrignon Pierre, Dossiers de
l’Aquitaine, Bordeaux, 2002, 225 p.

– Les plages de sable rouge, la tragédie de Lübeck, 3 mai
1945, André Migdal, préface de Josy Eisenberg, NM7
éditions, Paris, 2001, 450 p.

Ravensbrück

L’idée d’ouvrir un camp de concentration au lieu dit "Ravensbrück" semble antérieur à la date de création. Les première acquisition par des représentant du Reich et le NSDAP date en effet de 1934. Mais c’est en novembre 1938 que 500 détenus sont amenés de Sachsenhausen par les S.S. pour construire, près du lac de Furstenberg, dans le Meklemburg, un camp de concentration pour femmes : Ravensbrück.

Le site : une dune de sable si désolée que les bouleaux et les sapins ne réussissent pas à en atténuer l’âpreté, si froid qu’on l’appelle : "la petite Sibérie meklembourgeoise".

 

 

Le 13 mai 1939, un premier convoi de 867 femmes en provenance du K.L.. Lichtenburg arrive à Ravensbrück. De 1939 à 1945, 23 nationalités différentes y seront immatriculées.

A plusieurs reprise, le camp s’agrandit. Terrassement et transport des matériaux sont assurés par les détenues qui travaillent aussi pour l’industrie de guerre, en particulier pour l’entreprise Siemens et les ateliers de l’Industriehof.

Au camp central sont rattachés de nombreux Kommandos extérieurs répartis dans toute l’Allemagne. De plus, les camps de Sachsenhausen, Buchenwald, Mauthausen, Dachau et Flossenburg faisaient appel à la main-d’œuvre féminine de Ravensbrück pour les besoins de leurs Kommandos.

Ravensbrück ne connut pas seulement la mort lente par épuisement et maladie. les S.S. y utilisèrent toutes les techniques de l’extermination : fusillade, empoisonnement par piqûres, chambre à gaz.

De pseudo expériences médicales furent pratiqués sur des femmes et des enfants.

Des femmes enceintes étaient déportées à Ravensbrück. En 1942, les femmes enceintes sont avortées au Revier jusqu’à huit mois de grossesse . Les nouveaux nés sont tués en présence de la mère.

En 1944, une nouvelle décision permit de laisser la vie aux nouveaux-nés, mais san rien prévoir pour les accueillir. Le courage, le dévouement, l’abnégation des détenues affectées au Revier permirent de sauver des mères. Sur 21 naissances de française recensées, Sylvie, Guy et Jean-Claude ont survécu.

La libération ne s’opéra pas de la même façon pour toutes les survivantes de Ravensbrück et de ses Kommandos. A partir d’avril 1945, la Croix-Rouge internationale organisa des échanges par la Suisse. D’autres furent soumises aux "marches de la mort". Elles aboutirent à Bergen-Belsen, à Mauthausen, ou, comme les déportées de Zwodau, aux confins de la Tchécoslovaquie.

Pendant les derniers jours, le camp connut un désordre incroyable. Lorsque les troupes soviétiques y pénétrèrent, le 30 avril 1945, elles ne trouvèrent qu’un petit nombre de femmes, et dans le camp qui leur était réservé, 400 hommes complètement épuisés. A leur arrivée les alliés durent creuser une fosse commune pour y enfouir des dizaines de milliers de corps.

De nos jours, il ne reste plus qu’une partie du camp : le bunker transformé en musée, le crématoire, le couloir des fusillés et une façade du mur d’enceinte que longe la fosse commune recouverte de roses de tous les pays

Sachsenhausen

Sachsenhausen

Dès la nomination d’Hitler comme chancelier du Reich, le 30 janvier 1933, la répression s’engage contre les opposants au régime. Plus de 60 camps de concentration sont créés en Allemagne en 1933-1934.

Le 20 mars 1933, les SA installent un camp « sauvage » dans une brasserie désaffectée d’Oranienbourg, petite ville située à environ 30 kilomètres au Nord de Berlin. De nombreux parlementaires communistes et socialistes allemands y sont internés. Parmi eux, Gerhart Seger, député social-démocrate parvient à s’évader le 4 décembre 1933 et publie en 1934, à Prague, Oranienburg, livre qui dénonce les crimes commis par les nazis dans les camps. Le camp d’Oranienbourg est fermé peu après la « Nuit des longs couteaux » au cours de laquelle la plupart des responsables SA sont liquidés.

Les anciens camps sont alors progressivement fermés ou passent sous le contrôle de la SS.

Le 12 juillet 1936, 50 prisonniers d’Esterwegen arrivent à Sachsenhausen, faubourg d’Oranienbourg, où un territoire de près de 400 hectares, sur lequel est édifié un véritable complexe SS, a été délimité dans une zone marécageuse.
Au centre, le camp de concentration, conçu sous la forme d’un triangle équilatéral, occupe 18 hectares.

A proximité immédiate du camp est installée l’ « Inspection des Camps de Concentration », désignée sous le sigle I.K.L. (Inspektion der Konzentrationslager), office créé par Himmler en juillet 1934, qui administre la totalité du système concentrationnaire. Installée à Berlin, l’I.K.L. est définitivement transférée à Oranienbourg dans le complexe de Sachsenhausen à partir de 1936. Oranienbourg devient alors le cœur du système concentrationnaire.

Le KL Sachsenhausen est à la fois un centre de formation pour l’encadrement SS des camps de concentration, mais également le lieu de préparation d’opérations secrètes comme « la provocation de Gleiwitz » contre la Pologne qui sert de prétexte au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, ou l’opération « Bernhard » pour la fabrication de fausses monnaies et de faux papiers.

Isolés dans le camp, on trouve deux Kommandos particuliers : la Schuhfabrik et l’horlogerie. Le premier est chargé de trier et de récupérer les chaussures des déportés juifs exterminés à Auschwitz, en recherchant des bijoux ou des devises qui pouvaient être dissimulés dans les talons et les semelles. Le second remet en état les montres. D’Auschwitz arrivent également à l’I.K.L. la totalité des dents en or arrachées avant le passage des corps aux fours crématoires.

La station « Z » jouxte le camp : lieu d’exécutions et emplacement des fours crématoires ; plus de 10 000 prisonniers de guerre soviétiques y sont assassinés d’une balle dans la nuque durant l’automne 1941.

 

Le KL Sachsenhausen est la destination du premier transport de déportés parti de France, de la zone rattachée au Commandement militaire allemand de Bruxelles. Il s’agit de mineurs arrêtés en mai et juin 1941 lors de la grande grève des bassins du Nord et du Pas-de-Calais. Le transport part le 13 juin 1941, puis, après une détention d’un mois à la citadelle de Huy, en Belgique, 244 hommes sont immatriculés au KL Sachsenhausen, le 26 juillet, dans la série des « 38000 ».

En 1943, trois transports quittent Compiègne-Royallieu pour le KL Sachsenhausen : le 23 janvier (un peu moins de 1 500 hommes), le 28 avril 1943 (un peu moins de 900 hommes) et le 8 mai (un peu moins de 900 hommes). Par ailleurs, la même année, 48 Français déportés depuis Tunis sont immatriculés au KL dans la série des « 63000 » après avoir transité par l’Italie et la prison de l’Alexanderplatz à Berlin. En 1944, enfin, un peu moins de 850 déportés du « Train de Loos », parti de Tourcoing le 1er septembre, arrivent au KL Sachsenhausen les 7 et 9, après un arrêt de quelques jours à Cologne.

Si on ajoute les transferts depuis d’autres KL et les Français arrêtés sur le territoire du IIIème Reich, au nombre de plus de 900, on peut estimer que plus de 8 500 Français ont été déportés au KL Sachsenhausen.

Le 21 avril 1945, 30 000 hommes de Sachsenhausen et 5 000 femmes venant de Ravensbrück sont évacués, par groupe de 500, en direction de la Baltique. Des milliers de déportés, incapables de suivre, sont abattus d’une balle dans la nuque sur le bord de la route. Les 18 000 survivants sont libérés le 2 et 3 mai entre Crivitz et Schwerin. Le KL Sachsenhausen est libéré par l’Armée rouge, le 22 avril 1945. Elle n’y trouve que 3 000 hommes, 2 000 femmes et quelques enfants malades. Au total, on estime qu’un peu plus de 200 000 hommes et femmes ont été déportés au KL Sachsenhausen dont la moitié y a trouvé la mort.

Equipe du Livre-Mémorial
(copie de la Base de données de la Fondation pour la mémoire de la déportation )

Plus d’info
Amicale française des déportés et familles de Sachsenhausen
Le musée de Sachenhausen

Bibliographie
liste non exhaustive

bulletin Mémoire vivante, n°34, de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation
Sachso, Amicale d’Oranienburg-Sachsenhausen,
Jean Bezaut, Oranienburg 1933-1935, Sachsenhausen 1936-1945,
Le camp de concentration de Sachsenhausen, 1936–1945, Chronologie et évolution

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