Le fort de Romainville
Le fort de Romainville, de type Vauban, fait partie de la ligne détachée de forts du système de fortification de Paris élaboré au milieu du XIXe siècle. Il présente la particularité de posséder des courtines dont la plupart sont casematées.
Fort de défense militaire, les bâtiments à l'intérieur de l'enceinte étaient affectés au logement des officiers (pour 8 officiers) et des soldats (une caserne pour 300 hommes). S’y trouvaient également des magasins de poudre, une infirmerie, une cuisine, etc. Les 37 casemates étaient occupées en partie par les magasins de l'artillerie.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, à partir d’automne 1940, il sert de camp d’internement. L’occupant y interne d’abord des personnes qu’il ne compte pas juger devant ses tribunaux militaires, ainsi que des ressortissants des puissances ennemies et des prisonniers de guerre.
À partir d’août 1942, le camp devient aussi une réserve d’otages arrêtés en représailles des attentats de la Résistance. Annexe du camp de Compiègne, avec qui le fort de Romainville forme le Frontstalag 122, le lieu devient à partir de 1943 un point de départ en déportation vers les camps de concentration nazis.
C'est dans le fort de Romainville que sont emprisonnées les 230 femmes résistantes, avant d'être déportées le 24 janvier 1943 par les nazis à Auschwitz. Ce convoi est appelé Convoi des 31 000 parce qu’à leur arrivée à Auschwitz, ces femmes se virent tatouer un numéro allant de 31 625 à 31 854. Seulement 49 de ces femmes revinrent de ce camp de concentration et d’extermination.
À la suite d’une réforme administrative du F122, en février 1944, le camp de Romainville devient et n’est plus que le point de départ des femmes déportées à Ravensbrück.
Après guerre, l’armée française réoccupe le site. D’emblée et jusqu’à aujourd’hui, il accueille des commémorations plusieurs fois par an, dont la cérémonie annuelle en hommage aux victimes de la déportation, le dernier samedi d’avril.

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